Législatives Cantal 2017 – Partie 1

Pour rappel, on vote ce Week End dans le Cantal pour le 1er tour des législatives. Des élections législatives qui ne passionnent pas autant les foules que les récentes présidentielles. Pourtant nous votons tout de même pour élire nos députés, ces élus qui nous représentent, participent à l’exercice de la souveraineté nationale, proposent et des lois et contrôlent le gouvernement (missions principales).

Or, dans les professions de foi des candidats cantaliens, il est très peu question de souveraineté nationale et encore moins de proposition de loi claire et précise. Non, dans leurs profession de foi, les candidats mettent surtout en avant leur souhait de défendre le Cantal, ses services publics, son agriculture, ses commerces…
Là-dessus tous les candidats sont unanimes, il s’agira de leur priorité à eux (mais aussi aux autres). Cela sera donc difficile de faire un choix objectif sur la base du seul programme.
Les nombreuses similitudes entre les vœux des différents candidats nous amènent à constater amèrement que l’on ne fait toujours pas de Politique dans le Cantal : juste de la politique politicienne, des affichages, des réunions où l’on énonce des lieux communs et défonce avec véhémence des portes ouvertes (il faut sauver le soldat Cantal). On parle plus de survie que de développement. Difficile d’en vouloir aux candidats eux-même : cela fonctionne en l’état pour eux et leur élection, pourquoi prendraient-ils plus de risques à préciser leurs positions s’ils en ont ?

Serait-ce aussi une question de réalisme ? Pas si sûr car à viser le seul maintien, il est fort probable que ce soit la lente érosion de la qualité de vie Cantalienne qui se maintienne.

Législatives Cantal - politique cantalienne

Du coup, existe-t-il encore des hommes (ou femmes) Politiques dignes de ce nom sur le département ?
On peut légitimement se poser la question au vu des « visions » développées dans les « ambitieux » programmes de ces candidats…

Plus rassurant finalement est la nomination de Jacques Mézard au gouvernement. Il n’est certainement pas étranger dans les couacs d’investitures REM sur les deux circonscriptions cantaliennes mais ce n’est peut-être pas si important (à part pour les concernés bien sûr). Avec  4 candidats qui seront prêts à travailler avec la majorité présidentielle, dont certainement les deux vainqueurs, notre ministre et stratège Cantalien s’apprête à organiser le milieu politicien local autour de sa personne et ce ne sera peut-être pas si mal. Cela pourrait même être la meilleure configuration possible pour passer ce quinquennat Macron dont le programme n’est pas à l’avantage du Cantal et éviter ainsi que des guerres claniques locales n’en rajoutent une couche.

Donc le Cantal devrait pouvoir faire le dos rond  5 ans de plus. La situation ne devrait pas trop s’aggraver mais ne devrait en rien s’embellir non plus.

En effet, pour qui s’intéresse un peu à la politique et au département, force est de constater que le Cantal continue de creuser sa tombe malgré ses nombreux atouts. Le vieillissement de la population est prégnant et inquiétant. L’offre de soins s’érode, l’économie est en difficulté et l’agriculture peu adaptée aux modèles productivistes de la FNSEA.
Bien sûr, vous trouverez toujours quelqu’un qui vous dira que le solde migratoire est positif sans vous préciser que le Cantal accueille surtout des seniors alors que les jeunes continuent de s’exiler ce qui augmente le vieillissement de la population. Ou encore un autre qui vous citera l’exemple de telle entreprise qui se développe parce qu’elle est sur tel ou tel marché de niche…
Mais la vérité, du point de vue du Collectif Gerbert, c’est que l’on peut encore continuer de s’enfoncer dans les années à venir. Comment ? Imaginez une fermeture de gendarmerie ici ou là pour réaffectation dans le 93, la vallée de Vic sans Pyram, des restrictions de postes ou de lits à l’hôpital…
De plus, les deux secteurs économiques les plus importants du Cantal (Bâtiment et Transport) vont être significativement impactés par la révolution numérique en cours dans les prochaines années (camions autonomes, impression 3D…).
Est-ce que nos PME familiales seront de tailles à passer le cap de la digitalisation comme leurs gros concurrents ? Quid de l’emploi salarié qu’il restera ?

Ces constats peu réjouissants doivent nous faire prendre conscience de la gravité de la situation, trop souvent banalisée à des fins politiciennes : « On est beau, on est les meilleurs, on est cantalous et fiers de l’être…. »  – Oui, mais on meurt –

Une fois ceci-dit, quelles sont les solutions ? Elles sont heureusement nombreuses mais elle passe, selon nous, par une différenciation forte et marquée. Nous ne pouvons plus nous contenter de suivre le développement des métropoles : elles nous ont distancés. Il est plus que temps d’inventer un modèle de développement qui nous soit propre, qui tienne compte de nos atouts et de nos difficultés. Cela passera par un volontarisme Politique fort. Pas sûr que cela soit l’objectif des candidats pour qui vous voterez Dimanche mais l’espoir est permis.

Du côté du Collectif Gerbert, nous vous confirmons que nous allons développer plusieurs pistes de solutions dans les prochains mois, elles seront naturellement libres de droit.

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