Quadrivium 2.0

Quadrivium 2.0 Collectif GerbertLe terme quadrivium désigne l’ensemble des quatre sciences mathématiques dans la théorie antique : arithmétique, musique, géométrie, astronomie. Ce concept est apparu assez tôt dans l’antiquité et on en trouve des traces dans l’enseignement de Pythagore. Les invasions des barbares et la désorganisation des monastères ont engendré un oubli presque total du Quadrivium et c’est Gerbert qui le réintroduit dans les écoles d’Occident après en être devenu lui-même un expert. Platon parle à son époque de l’astronomie et de l’harmonique comme des «sciences sœurs », en expliquant que l’astronomie est faite pour les yeux comme l’harmonique pour l’ouïe. Il met en relation l’harmonie des sphères avec les orbites célestes.

Aujourd’hui il peut sembler curieux d’associer musique et astronomie sous la bannière de la Science. Pourtant, et c’est ce que nous allons développer ci-dessous, sciences humaines et sciences dures devraient plus que jamais avancer ensemble afin de maximiser leurs impacts sur l’humanité qui en a grandement besoin.

Du côté du Collectif Gerbert, nous sommes ébahis des progrès scientifiques actuels. Intelligence artificielle, Robotique, génétique : les progrès sont phénoménaux et vont nous amener à revoir en profondeur nos organisations dans un laps de temps plus court que jamais vu auparavant. D’ici 20 à 30 ans tous nos modèles socio-économiques vont être fondamentalement impactés et à revoir en profondeur (partage des richesses, relation au travail, durée de vie…).
En parallèle, nous sommes assez déconcertés du faible niveau en sciences humaines d’une majorité des acteurs de ces révolutions scientifiques. La maxime de Rabelais « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » ne semble pas être connue du plus grand nombre. Le risque est pourtant prégnant que ces avancées nous amène plus ou moins rapidement à une voie sans issue pour notre espèce. A court terme, nous pensons à la techno CRISPR, les couteaux génétiques qui permettent de modifier « simplement » l’ADN du vivant, pour le meilleur comme pour le pire. A long terme (50/60 ans) nous pensons Intelligence Artificielle Forte post singularité.
Crispr est un réel problème car l’eugénisme n’est pas vu de la même façon selon les endroits du globe. A titre d’exemple, en Chine ou en Inde, le terme n’est pas connoté péjorativement mais plutôt comme une recherche légitime du meilleur qui soit pour sa progéniture. Ce qui fait froid dans le dos c’est que cette techo a été découverte il y a trois ans et a déjà été testée sur l’homme (en Chine !)… Ceci alors que l’on ignore les conséquences sur les générations futures…
Pour en savoir plus sur CRISPR, une bonne vidéo ICI ; un billet complémentaire ICI.

Sur le long terme, le danger est bien entendu du côté de l’IA mais comme pour CRISPR, la techno est aussi un espoir de voir une humanité s’élever et évoluer vers un meilleur savoir-vivre ensemble. Tout dépendra l’usage qui en sera fait et c’est pourquoi nous souhaiterions qu’au-delà des prouesses technologiques, une feuille de route soit tracée vers un futur idéal (ou plusieurs).
Plutôt que de voter pour un chef pour 5 ans, il est urgent que nous exigions de nos dirigeants une feuille de route sur 20/30 ans qui inclut ces évolutions et nous amène vers l’ère de l’abondance*. Faute de quoi cette dernière pourrait bien ne jamais être au rendez-vous et laisser la place à la pire des dystopies

Bref, il nous faudrait un GERBERT, un être hors norme capable aujourd’hui de jongler avec les big data, la politique, l’ia, la philosophie et la sociologie tout en ayant un bon contact avec les puissants… Un ovni !
Il n’est pas dans les rangs du Collectif Gerbert mais nous essayerons malgré tout de proposer quelques concepts de ce Quadrivium 2.0 dans les mois à venir et tenter d’identifier un ou plusieurs experts.

*L’ère de l’abondance est un concept répandu de la silicon valley. Un futur idéalisé dans lequel les machines produiraient pour nous tandis que le travail serait remplacé par des activités créatives ou de loisirs. L’un de ses tenants est Peter Diamondis, un « techno-pape » à suivre.
Problème : personne n’écrit précisément le passage de notre ère à ce futur rêvé…